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Centre d'histoire sociale, Paris 1     Editions de l'Atelier


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Accueil du site > Au fil du Maitron > Tome 2 (Bel-Bz) > BLANCHET Gérard.

BLANCHET Gérard.

Né le 8 août 1938 à Doyet (Allier) ; professeur ; militant communiste associatif et syndicaliste ; instructeur puis chef de stage des Centres d’entraînement aux méthodes d’éducation actives (1962-1978) et directeur aux centres de vacances du comité d’entreprise Michelin (1963-1988) ; secrétaire général de la section académique du SNES (classique, moderne et technique) (1974-1976), secrétaire de la section départementale du Puy-de-Dôme de la Fédération de l’éducation nationale (1973-1976) puis de la Fédération syndicale unitaire (1993-1996).

Aîné d’une famille de trois garçons, dont le père, fils de paysans de Doyet, était mineur puis puisatier, militant communiste et délégué CGT aux mines de charbon de Commentry jusqu’à leur fermeture, Gérard Blanchet reçut, comme ses frères, une éducation catholique souhaitée par sa mère sans profession, tout en étant membre des Vaillants, mais cessa toute pratique religieuse et perdit la foi au début de l’adolescence. Après l’école communale laïque de garçons de Doyet, bon élève, il entra au cours complémentaire de la même petite ville en 1949 puis fut envoyé, sur l’insistance de son directeur de Cours complémentaire, en classe de seconde au lycée Blaise Pascal de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) en 1953, en bénéficiant d’une bourse des Mines. Ayant échoué au baccalauréat en 1956, il redoubla sa classe de terminale au lycée Banville de Moulins (Allier), tout en étant maître au pair. Muni de son baccalauréat mathématiques élémentaires en 1957, il commença des études supérieures de mathématiques à la faculté des sciences de Clermont-Ferrand, en étant maître d’internat au lycée de Moulins (1957-1958) puis au lycée d’Issoire (Puy-de-Dôme).

Ce parcours fut interrompu par 28 mois de service militaire : incorporé en novembre 1959 à Thionville dans un régiment d’artillerie, il y demeura jusqu’en janvier 1961 puis fut envoyé en Algérie jusqu’en février 1962 comme maréchal des logis dans le triangle Bône-Guelma-Soukharas, près du barrage électrifié entre Algérie et Tunisie. À son retour d’Algérie, Blanchet retrouva son poste de surveillant à Issoire, épousa à l’église de Doyet, le 8 septembre 1962, Marie-Thérèse Martin, secrétaire, avec laquelle il eut un fils et une fille. Il fut muté comme MI puis surveillant d’externat au lycée Blaise Pascal de Clermont-Ferrand de 1962 à 1966, période où il termina sa licence de mathématiques. Devenu adjoint d’enseignement, il prépara le certificat d’aptitude au professorat de l’enseignement de second degré et fut reçu aux épreuves théoriques du concours à la session de 1967. Affecté au centre pédagogique régional de Clermont-Ferrand en 1967-1968, il fut titularisé professeur certifié de mathématiques au lycée Le Pontel de Thiers (Puy-de-Dôme) à la rentrée scolaire 1968 puis fut muté en 1971 au lycée Jeanne d’Arc de Clermont-Ferrand, où il prit sa retraite à la rentrée 1998, après avoir bénéficié à partir de 1993 d’un service réduit de cessation progressive d’activité puis d’un congé de fin d’activité en 1997-1998.

Congrès du SNES 1973

Syndiqué au SNES dès le début de son pionnicat en 1957, Blanchet milita activement dans sa catégorie à son retour d’Algérie et fut responsable des surveillants de la section académique (S3), commissaire paritaire de 1962 à 1966. Il avait mené parallèlement une activité militante aux CEMEA depuis son stage de moniteur de colonie de vacances en 1957 ; devenu instructeur en 1962, il était passé chef de stage en 1963 et allait diriger des stages jusqu’en 1978. Cette triple expérience de la surveillance, de l’enseignement des mathématiques et de l’encadrement des jeunes en dehors du temps scolaire lui permit d’aborder de façon ouverte et pragmatique les questions de l’instruction et de l’éducation en débat après 1968 et d’apporter sa contribution à la réflexion de son syndicat. Secrétaire de son S1 (section locale) de 1969 à 1971, il entra à la CA académique en 1970 et allait y demeurer jusqu’en 1998. Après avoir obtenu sa mutation pour Clermont-Ferrand, succédant à Bailly et Dublanchet*, Blanchet devint secrétaire général du S3 de 1974 à 1976 dans une équipe rajeunie (Jean Hugon*, Marc Lacouture, Jean Degoute) ; il était en même temps membre suppléant de la CA nationale Unité et Action de 1973 à 1976 et élu commissaire paritaire national des certifiés en 1975. Bien que connu pour être un militant du PCF, auquel il avait adhéré en juin 1968, et dont il était membre du comité fédéral en 1974-1975, ses compétences et son sens du débat lui permirent en outre d’assumer de 1973 à 1976 le secrétariat de la section départementale du Puy-de-Dôme de la FEN, où la tendance UID (Unité, indépendance et démocratie) détenait pourtant la majorité. En 1976, croulant sous les responsabilités, Blanchet transmit le témoin du secrétariat du S3 à Jean Hugon et voulut obtenir sa mutation pour Tahiti, ce qui lui fut refusé en raison d’interventions des ministères de l’Intérieur (Poniatovski) et des DOM-TOM (Olivier Stirn). Il poursuivit néanmoins son activité militante au SNES à la CA académique, dans la commission paritaire académique des certifiés dont il fut membre de 1970 à 1996 et dirigea l’organisation du congrès national du SNES à Clermont en 1980. Il fut à nouveau commissaire paritaire national des certifiés de 1982 à 1990 et devint secrétaire adjoint de la section départementale du Puy-de-Dôme de la nouvelle FSU de 1993 à 1996. Par ailleurs, Blanchet poursuivait son militantisme aux CEMEA, défendant au côté des confédérations ouvrières CGT et CFDT les centres de vacances gérés depuis 1962 par le comité d’entreprise Michelin, dont il fut directeur de 1963 à 1988, après y avoir été moniteur.

Devenu expert en informatique, Blanchet anima de 1995 à 1997 avec Jean-Louis Peudon* un groupe de travail TIC (Technologies de l’Information et de la Communication) auprès de la direction nationale du SNES, en collaboration avec le SNESup, la Specif (Société des Personnels Enseignants et Chercheurs en Informatique de France)et l’EPI (Enseignement Public et Informatique), sans réussir à faire prendre en compte par son syndicat la nécessité de créer un véritable enseignement de l’informatique en tant que discipline, avec création d’un CAPES et d’une agrégation.

Après son accession à la retraite, Blanchet se consacrait à la promotion de logiciels libres (en particulier SLAES, dont il était le créateur : serveur Linux autonome pour les entreprises et établissements scolaires) au sein de l’association Linux-Arverne, créée en 1998, qu’il présidait depuis 2003. Il avait cessé son adhésion au PCF en 1985 et était toujours syndiqué au SNES dans la section des retraités.

SOURCES : Archives de l’IRHSES. — Bulletins syndicaux. — Témoignage de l’intéressé. — Témoignages divers.

Alain Dalançon