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BAUMANN Claude, Auguste

Notice validée après la publication du tome 1 (A-Bek)

Né le 15 novembre 1931 à Varangéville (Meurthe-et-Moselle), mort le 26 février 2008 à Saint-Nicolas-de-Port (Meurthe-et-Moselle) ; ouvrier puis mineur de sel, machiniste d’extraction ; secrétaire de l’Union locale CGT de Varangéville ; membre du bureau de l’UD-CGT de Meurthe-et-Moselle ; membre de la commission administrative de la Fédération régionale CGT des Mineurs de Fer et de Sel de Lorraine ; administrateur de la SSM ; communiste ; maire de Varangéville ; arbitre de football.

Le père de Claude Baumann, Alfred Baumann, né le 31 décembre 1906 à Varangéville, était mineur de sel, et adhérent de la CFTC. De son mariage en 1931 avec Jeanne Dron, née également à Varangéville en 1911, il eut trois enfants dont Claude. Après le décès de Jeanne en 1945, il se remaria en 1946. Il décéda en 1976.

Après quatre années au Centre d’apprentissage, de 1944 à 1948, Claude Baumann, obtint son CAP d’ajusteur et travailla dans l’entreprise de construction métallique Cabirol à Belleville (Meurthe-et-Moselle), jusqu’à ce qu’en 1950 un grave accident d’automobile l’immobilise pendant trois ans. Il en conservera de sérieuses séquelles.

En 1954, il entra à la mine de sel de Varangéville, où il fut manœuvre au fond pendant un an, avant d’occuper la fonction de machiniste d’extraction au jour jusqu’à sa retraite en 1987. Le 31 août 1957 il épouse Gilberte Temmerman, dont il eut deux enfants : Brigitte, née le 20 juillet 1961, responsable de l’antenne SSM et adjointe au maire de Varangéville, et Hervé né le 6 mars 1963, ingénieur de l’ENIM.

Son épouse Gilberte, originaire de Lorey en Meurthe-et-Moselle, où elle naquit en 1932, occupa d’abord un poste à l’empaquetage de l’usine Solvay de Dombasle de 1949 à 1958, puis travailla aux filatures Saint Nicolas jusqu’à leur fermeture, avant d’être embauchée chez Boussac à Dombasle. Après avoir consacré son temps à leurs enfants, elle reprit un emploi de femme de service aux écoles de Varangéville en 1975, jusqu’en 1993 année de sa retraite. Adhérente à la CGT dès son passage à Solvay, Gilberte sut convaincre son mari d’en faire autant. Claude Baumann franchit le pas en 1956 en adhérant à la CGT des Salines ; il fut très vite élu au CE en 1957.

La grève de 1960 lui permit de réactiver la CGT dans les salines (elles sont alors une douzaine), et avec la construction d’une nouvelle unité à Varangéville, la CGT obtint le reclassement de tous les mineurs menacés par les fermetures. Après la grève Claude Baumann devint secrétaire du Comité d’entreprise, et intégra le bureau de l’ Union départementale de Meurthe-et-Moselle (où il géra les relations avec le syndicat de RDA), ainsi que la Commission administrative de la Fédération régionale CGT des Mines de Fer et des Salines de Lorraine, au sein de laquelle il travailla en bonne harmonie avec Albert Balducci, Pascal Saverna ou Jean Corradi notamment. À partir de là, le taux de syndicalisation des mineurs de sel, les becs salés, ne cessa de croître pour atteindre environ 60 % aux Salines et 85 % à Varangéville. Née de la scission, FO disparut après 1957, et la CGT demeura alors le seul syndicat.

Durant les évènements de Mai 1968, il se trouva au cœur de l’action dans le bassin de la vallée de la Meurthe, et participa activement à la création de quatorze syndicats (1 400 syndiqués), il dynamisa l’Union locale de Varangéville dont il devint secrétaire général ; c’était un militant de terrain, « actif et novateur », proche de ses camarades ; il fut alors délégué syndical à la Saline, puis délégué mineur de jour (un acquis interne de 1968), responsabilité qu’il occupa jusqu’en 1979. Il siégea également au CCE des Salines du Midi. Ardent défenseur du régime minier, il fut président, jusqu’à sa fermeture, de la SSM de Nancy, dont il obtient l’ouverture d’une antenne à Varangéville ; il fut aussi administrateur du régime minier à la SSM à Metz. À son départ à la retraite en 1987, il créa la section syndicale des retraités des Salines. Claude Baumann adhéra au Parti communiste en 1958. Dès lors il fut régulièrement son candidat aux élections cantonales de Tomblaine (il y réalisa entre 25 et 30 % des voix en moyenne), et aux législatives dans la seconde circonscription de Meurthe-et-Moselle (environ 18 % des voix en moyenne). Lors d’une élection municipale partielle à Varangéville en 1975, consécutive à la démission du maire sortant, les 3 candidats communistes dont Claude Baumann furent élus. En 1977 après une tentative d’élaboration d’une liste d’union de la gauche qui n’aboutit pas, il mena au succès une liste du PCF composée avec le PSU et des militants syndicaux. Élu maire il conserva son mandat jusqu’en 2001, où il décida de passer la main.

Claude Baumann était aussi un adepte du cyclotourisme qu’il pratiqua longtemps au club local. Membre du conseil d’administration de la MJC, il fut également secrétaire du club de football de 1965 à 1975, et il exerça la fonction d’arbitre durant quinze ans jusqu’en 1976, avant de subir une opération du cœur. Il décéda le 26 février 2008 à Saint Nicolas de Port en Meurthe-et-Moselle.

SOURCES : Entretien avec Claude Baumann.

ICONOGRAPHIE : Photographie de J.F. Lassagne, le 20 juillet 2006.

Jean-François Lassagne