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Accueil du site > Au fil du Maitron > Tome 2 (Bel-Bz) > BONNAC Jean-Pierre.

BONNAC Jean-Pierre.

La biographie de Jean-Pierre Bonnac figure dans la cédérom tome 2, mais dans le dictionnaire papier tome 2, sa photographie a été attribuée par erreur à Georges Bonnac.

Né le 19 décembre 1923 à Bazas (Gironde) ; professeur ; militant syndicaliste du SNET puis du SNES, associatif et socialiste de la Gironde, adjoint au maire de Cenon (1980-1995).

Jean-Pierre Bonnac Troisième enfant et seul fils d’un petit agriculteur autodidacte devenu clerc d’avoué, militant socialiste du Parti socialiste SFIO, et d’une mère sans profession décédée alors qu’il était très jeune, Jean-Pierre Bonnac alla à l’école primaire puis au cours complémentaire de Bazas où il obtint le certificat d’études complémentaires. À 14 ans, il entra comme apprenti aux Chantiers navals de la Gironde, suivit des cours du soir qui lui permirent d’obtenir trois certificats d’aptitude professionnelle, un brevet professionnel et de devenir ouvrier qualifié.

Sous l’Occupation, son père organisait des passages clandestins à Bazas, traversé par la ligne de démarcation et était actif dans la résistance locale ; lui-même fournissait à cette résistance des renseignements sur les trafics portuaires de Bordeaux.

Après la libération de Bordeaux en septembre 1944, Bonnac fut mobilisé au 196e Régiment d’Artillerie Lourde, il participa ensuite au siège de La Rochelle-La Pallice en 1945 puis fut affecté dans l’ancien camp allemand de Jaunay-Clan (Vienne) et termina son service militaire comme maréchal des logis à Belfort.

Revenu à la vie civile en 1946, Bonnac travailla à nouveau aux Chantiers navals de la Gironde. Il était alors militant de la CGT qu’il avait contribué à réorganiser clandestinement aux chantiers en 1944 ; par cet intermédiaire syndical, il devint pendant deux années moniteur des Centres de formation professionnelle pour adultes créés par Ambroise Croizat, ministre du travail. En 1948, il vécut douloureusement la scission de la CGT et la marginalisation que lui firent subir ses camarades communistes alors qu’il souhaitait reprendre le travail. Il suivit des cours par correspondance et fut reçu au concours de professeur technique-adjoint (spécialité fabrication mécanique) en 1949. Affecté à la rentrée scolaire suivante au collège technique Gustave Eiffel de Bordeaux (qui devint lycée), il y termina sa carrière en 1984, au grade de professeur technique après avoir été reçu au concours interne spécial en 1974.

Bonnac se maria civilement le 25 octobre 1947 avec Jacqueline Arnaud, secrétaire, avec laquelle il eut un fils, décédé à l’âge de cinq ans.

Syndiqué au Syndicat national de l’enseignement technique dès le début de sa carrière d’enseignant, Bonnac fut secrétaire de la section syndicale de son établissement (S1) dans les années 1960 et membre de la Commission administrative nationale sur la liste « autonome », suppléant de 1959 à 1961 puis titulaire de1961 à 1966. Sollicité par Louis Astre*, alors secrétaire général du SNET, pour devenir secrétaire national de la catégorie des PTA, il préféra rester à Bordeaux, où il avait beaucoup d’activités. Au cours de cette période, il fut notamment directeur adjoint des cours du soir à la Bourse du travail de Bordeaux de 1956 à 1960.

Après la fusion du SNET avec le SNES en 1966, Bonnac demeura secrétaire de son S1, siégea de façon continue à la CA nationale du nouveau SNES de 1966 à 1992 au titre du courant autonome (devenu ID, UID puis UIDR), en tant qu’actif, candidat au secrétariat de catégorie des PTA tant qu’il appartint à ce corps, puis en tant que retraité. Il siégeait également aux Commissions paritaires académique et nationale des PTA et fut élu suppléant au Conseil de l’Enseignement Général et Technique, dans le collège 14 des PTA des lycées techniques en 1969. Il défendit toujours avec pugnacité, tant à l’intérieur de son syndicat que dans ces instances paritaires, la cause des enseignements techniques et de leurs personnels et la formation continue.

Bonnac fut aussi et surtout responsable du SNES et de la FEN dans un département où la tendance majoritaire fédérale était bien implantée. Membre de l’exécutif de la section académique (S3) du SNES en 1967-1969 aux côtés de Hourcau et de Mondot (voir ces noms), il perdit cette responsabilité quand la liste Unité action dirigée par Renée Augé-Orcié* devint majoritaire aux élections de 1969 mais il demeura secrétaire de la section départementale (S2) de Gironde de 1969 à 1979, une des rares à avoir conservé une majorité UID. Il était également secrétaire adjoint de la section départementale de la FEN. Cette période fut marquée par d’âpres débats avec les militants U-A. Bonnac était en même temps administrateur départemental de la Mutuelle assurances des instituteurs de France, administrateur de la section départementale de la Mutuelle Générale de l’Éducation nationale, dont il fut un moment le secrétaire. Il fut ensuite élu administrateur de la Caisse Primaire d’Assurance Maladie au titre de la FEN, à partir de 1981, puis de la Caisse Régionale d’Assurance Maladie de l’Aquitaine de 1989 à 1996, et à ce titre était administrateur de plusieurs hôpitaux.

Militant socialiste du Parti socialiste SFIO depuis sa jeunesse, Bonnac continua de l’être au Parti socialiste. Il fut secrétaire de la section (jusqu’à 200 adhérents) de sa ville de résidence dans la banlieue bordelaise, Cenon, de 1969 à 1993 et membre du bureau fédéral. Élu au conseil municipal de cette commune de plus de 20 000 habitants, il occupa la fonction d’adjoint au maire de 1980 à 1995, chargé du personnel. Cette responsabilité l’amena à être administrateur du Centre National de la Fonction Publique Territoriale de 1982 à 1995.

Veuf en 1989, Bonnac se remaria avec une veuve, adjointe au maire de Cenon comme lui, Geneviève Macouillard, décédée en 2002. En 2005, il était toujours militant au PS, se reconnaissant dans le courant fabiusien. Il habitait sa maison de Cenon, dans un lotissement de 96 maisons complètement aménagé au début des années 1960 par une société d’accession à la propriété populaire, qu’il avait créée et dirigée avec un petit groupe de militants bénévoles. Il était chevalier des Palmes académiques.

SOURCES : Archives syndicales de l’IRHSES.— Témoignage de l’intéressé et témoignages oraux. — Note de J. Veyret.

Alain Dalançon