Partenaires

CNRS
Centre d'histoire sociale, Paris 1     Editions de l'Atelier


Rechercher


Accueil du site > Histoire sociale > Textes et images > 1848 : Aux électeurs des Bouches-du-Rhône

1848 : Aux électeurs des Bouches-du-Rhône

Présentation par Raymond Huard

Circulaire électorale de Louis Langomazino, ouvrier mécanicien chaudronnier de Marseille pour les élections à l’Assemblée constituante (mars-avril 1848).

L’indispensable

Le 2 mars 1848, le gouvernement provisoire, issu de la révolution parisienne de février 1848, annonce que les élections à la future Assemblée constituante se feront au « suffrage universel » (masculin). Le ministre de l’Intérieur Ledru-Rollin exprime le vœu que soient élus à la prochaine Assemblée des hommes issus du peuple, ouvriers et paysans. Parmi les nombreuses déclarations de candidatures qui se font jour, un certain nombre émanent d’ouvriers, ce qui est une grande nouveauté.

Le document

CITOYENS,

Encouragé par des Patriotes sincères, je viens offrir à la Patrie mon intelligence, mon cœur et mon bras . Serai-je trouvé digne de vos suffrages ? C’est ce que vous aurez à résoudre. Je ne ferai pas mon panégyrique ; mais je vous donnerai quelques aperçus sur ce qui me touche, afin de vous aider dans la recherche de ma valeur comme citoyen.
J’ai été, je suis et serai toujours Républicain. Je l’ai été car toutes les actions de ma vie ont toujours tendu vers les grands principes égalitaires, car tous mes écrits antérieurs respirent l’esprit de la Démocratie ; car alors qu’il y avait au moins de l’audace à proclamer cette opinion, je n’ai pas hésité à le faire. Je l’ai été, car je me suis toujours associé et j’ai toujours pris une part active à tous les efforts que les Républicains ont tenté pour faire triompher leurs idées. Je suis devenu Républicain le jour où de constantes et laborieuses études me firent entrevoir tout ce qu’il fallait encore conquérir de libertés publiques pour arriver à l’Egalité, à la Fraternité ; je fus porté à l’étude des questions sociales par ce besoin d’aimer et d’être aimé qui est selon moi, l’expression la plus vraie du Républicanisme. Sans l’Egalité, pas d’amour.
Je suis Républicain, car je me sens animé du désir de coopérer dans la mesure de mes moyens, de mon intelligence et de mes sentiments à la consolidation, à la glorification et à la perpétuation du règne de la Liberté, la seule souveraine légitime de la France et du monde entier. Je serai toujours Républicain, je vous le promets. Je consacrai toute ma vie, mes courtes heures de loisir à la culture de mon intelligence ; constamment, et avec une égale ardeur, j’ai cherché à façonner mon esprit aux belles pensées, mon cœur aux bons sentiments ; je me suis enfin pénétré des droits et des devoirs du citoyen.
Mes études, forcément entravées par les exigences d’un lourd métier, n’ont pu faire de moi un savant, mais j’ai l’orgueil de croire qu’elles ont eu pour résultat de me donner le discernement du bien et du mal, du mensonge et de la vérité. Je n’ai adopté exclusivement aucune secte sociale ; jamais je n’ai voulu me mettre à la remorque d’un nom propre, suivant cette maxime d’un esprit éminent : " Rallions-nous autour des idées, elles restent, les hommes s’en vont ".
Je ne repousse pourtant aucune de ces sectes qui ont fait tant de bien puisque toutes, elles ont convergé vers un même point : Liberté, Egalité, Fraternité. Nous devons au contraire leur être reconnaissants des bons services rendus à la cause du peuple, des luttes incessantes et souvent périlleuses qu’elles ont soutenues pour amener le triomphe de la vérité ; si elles renferment des imperfections, elles ont toutes des idées qu’il faut bien se garder d’exclure ; c’est en nous éclairant tous sur le mérite réel de ces idées, en élaguant sans hésiter celles qui reposent sur des principes faux, que nous arriverons à une solution définitive et rationnelle des grands problèmes sociaux. Je suis prêt à répondre à toutes les interpellations qui pourront m’être faites sur mes antécédents ; je repousse d’avance toute accusation qui ne se produirait pas au grand jour ; il ne peut avoir que celles qui sont mal fondées qui puissent craindre la publicité ; tous les actes de ma vie sont purs ; quelques-uns peut-être sont louables, ce n’est pas à moi de les faire ressortir.
Voici maintenant mon opinion sur l’état actuel de la République et sur les diverses questions que sera appelée à résoudre l’Assemblée Constituante. Je considère la guerre comme un fléau. La paix est l’état normal de la nature ; mais la paix glorieuse qu’on n’achète pas au prix de son honneur. Cette paix avec laquelle tout progresse et s’agrandit, qui est propice au développement de l’intelligence, le don le plus précieux que Dieu ait fait à l’homme, la paix consacrant le principe Fraternité, poussant à la propagation des idées libérales. Mais le jour où des despotes voudraient en profiter pour enchaîner les peuples et neutraliser leurs efforts vers la liberté, je mêlerais ma voix à la voix des milliers de citoyens qui se lèveraient comme un seul homme pour frapper à coups redoublés sur l’hydre de la tyrannie. J’adhère complètement au manifeste du citoyen Lamartine ; comme lui je désire que la France jouisse dans la circonscription de ses limites, des libertés conquises au prix de tant de sang précieux ; qu’elle respecte toutes les nationalités ; qu’elle leur souffle l’air vivifiant et pur qu’elle respire ; qu’elle rende enfin à celles qui se tordent dans une longue agonie la vie et la liberté. Une fusion bien franche et bien sincère doit s’opérer dans toutes les classes de la société ; plus de ligne de démarcation parmi les enfants de la grande famille humaine ; égalité dans toute l’acception de ce mot ; égalité de droits, de devoirs, de condition, de considération ; que tout travail soit également honoré, tout travail étant également nécessaire. Encouragement au développement de l’intelligence par des récompenses morales plutôt que matérielles ; c’est le moyen d’élever l’esprit à la hauteur des plus grandes conceptions. Que la justice n’ait pas deux poids dans sa balance ; que son temple soit accessible à tous ; que la clé d’or ne soit plus la seule qui ouvre ses portes. Que tous les emplois scientifiques, littéraires, administratifs, etc., ne soient accordés qu’au mérite et en dehors de toutes considérations, n’importe de quelle nature ; et pour arriver à ce résultat, qu’on n’accorde de place qu’à celui qui sort victorieux d’un concours où chacun soit appelé à donner la mesure de ses aptitudes. Pour la prospérité des arts et des sciences, récompenses à tout citoyen qui, par des études sérieuses, aura fait faire à l’esprit humain un pas vers de nouvelles découvertes. Encouragement à tous ceux dont les efforts tendent vers ce but. La conscience d’un citoyen est un tabernacle sacré dans lequel il ne doit pas être permis de fouiller ; que chacun professe sa religion et manifeste ses croyances en toute liberté ; mais que l’Etat soutienne également tous les cultes et ne permette pas à l’un d’absorber tous les autres, que le prêtre vive de l’autel ; que le nombre en soit limité dans les proportions que ne doit pas commander une déplorable parcimonie, mais bien les besoins de la morale. Qu’on fasse disparaître des temples de la prière tout ce qui peut rappeler à l’esprit l’amour des choses matérielles ; que la prière ne soit plus mise à contribution, ce qui n’a pas peu contribué à l’indifférence en matière religieuse dans l’esprit d’un grand nombre de Citoyens ; que le luxe effréné en soit banni pour faire place à l’humilité que toute religion commande ; que la prière pour le pauvre ne soit pas faite avec une négligence immorale ; que les dépouilles mortelles des malheureux ne soient plus jetées dans la terre comme la chair d’un animal gangrené. Que les couvents soient abolis ; le meilleur moyen d’élever son âme à Dieu c’est de remplir fidèlement ses devoirs de Citoyen, de fils, de père et d’époux ; le travail est aussi une prière. Cette réclusion volontaire n’est ni dans les lois de Dieu ni dans les lois de la nature ; elle ne peut enfanter que des monstruosités ; l’homme en naissant a reçu une mission qu’il doit remplir parmi ses semblables ; chacun est nécessaire à tous ; c’est donc désobéir à la loi divine que de vivre dans cette solitude.
La retraite cloîtrée décèle plutôt de la lâcheté qu’un véritable amour de Dieu. Que des écoles nationales et gratuites où l’éducation sera donnée à tous également soient créées ; qu’on observe l’enfant à cet âge où les tendances se manifestent et que le complément de son éducation professionnelle lui soit donnée dans le sens de sa vocation. C’est de cette façon seulement que le travail, quel qu’il soit, deviendra attrayant, puisqu’il sera fait avec ferveur, et que les arts, les sciences et l’industrie marcheront à pas de géant vers le plus proche degré de perfectibilité.
Mais surtout ce qui doit être pour tous l’objet des plus vives sollicitudes, c’est l’organisation du travail.
On parle de difficultés ; quelles qu’elles soient, il faut arriver à la solution de ce problème si difficile ; par ce moyen, la République s’établira sur des bases inébranlables. La souffrance aigrit et divise ; que chacun des membres du corps social reçoive, en retour de son travail, la rémunération proportionnée à ses besoins présents et à venir, afin que tous viennent se rallier autour du gouvernement qui la leur aura donnée. Les mendiants ne sont plus possibles. L’Etat doit avoir à sa charge les impotents et les invalides, non pas traités comme des malfaiteurs, mais bien comme des malheureux dont il faut adoucir les douleurs. Leur créer une existence honorable à l’abri de tous besoins, et alors que l’infirme sera abrité, que le travailleur aura du travail assuré, l’oisif sera seul sous le coup de la loi sur le vagabondage. La peine de mort est un anachronisme depuis les temps les plus reculés, où le criminel subissait un châtiment épouvantable. La civilisation a emporté dans sa course tout ce que la barbarie des temps passés avait eu de cruel. On a compris qu’il en fallait pas être plus criminel que le criminel lui-même.
C’est à la République à porter le dernier coup sur l’instrument infâme de l’expiation, de l’anéantir à jamais. La justice humaine doit corriger et non détruire ; elle ne doit en aucun cas, ravir ce qu’elle ne peut rendre , car elle est susceptible d’erreur. Dans quelle circonstance que le sort doive me placer, je n’oublierai jamais que j’appartiens à la classe ouvrière ; j’ai souffert de ses maux, j’ai partagé et je partage encore sa misère. Je connais ses besoins moraux et matériels, et je sais que c’est elle qui a le plus de droit à la sollicitude de la République, puisqu’elle est la plus malheureuse.
A l’heure où la patrie fait appel à tous ses enfants, quelle que soit leur condition ; à l’heure où elle demande à chacun de nous son concours, pour accomplir la plus grande de toutes les œuvres sociales : l’affermissement de la République ; il est du devoir de tous ceux qui se sentent animés de ce feu sacré qui depuis si longtemps, brûle le cœur des vrais patriotes, de coopérer à l’œuvre immense qui va s’accomplir. J’ai compris toute l’étendue du mandat que veulent me confier vos suffrages, et je n’hésite pas à l’accepter ; fort de votre concours, je le remplirai sans faiblesse et sans hésitation, car dans mon cœur comme dans le vôtre, je n’ai qu’une devise : LIBERTE, EGALITE, FRATERNITE ! De ma bouche ne s’échappera jamais qu’un cri : VIVE LA REPUBLIQUE !

Louis LANGOMAZINO
Ouvrier mécanicien -chaudronnier
Président de l’Athénée Ouvrier

Pour en savoir plus

La nouveauté du suffrage universel et l’incidence sur les candidatures ouvrières.

Bien qu’il soit réservé aux hommes, le « suffrage universel », annoncé dès le 2 mars, établi par le décret du 5 mars et organisé par l’instruction du 8 mars 1848, transforme complètement les conditions de la vie politique française. Toute exigence financière pour être soit électeur, soit éligible disparaît. De ce fait, le corps électoral national passe pour les élections parlementaires de 240 000 électeurs à plus de 9 millions (dans les Bouches-du-Rhône, de 4 284 à 120 000 environ).
D’autre part le nouveau mode de scrutin est pluri-nominal départemental, c’est-à-dire que chaque électeur vote pour autant de noms que son département doit nommer de représentants -nouveau nom des députés. L’élargissement immense de l’électorat, la suppression du cens d’éligibilité, le nombre élevé de représentants à élire (900 à l’échelle nationale, 10 dans les Bouches-du-Rhône) contribuent à ouvrir largement le champ des candidatures possibles. Comme d’autre part, la révolution de 1848 a mis en avant le problème social, il est naturel à la fois que des ouvriers croient possible de se présenter et que les tendances politiques cherchent à en placer sur leurs listes, ne fût-ce qu’à dose homéopathique. 1848 voit donc une irruption des " candidatures ouvrières " bien plus importante que celle, pourtant plus connue et mieux étudiée, du début des années 1860.

Le document, une profession de foi électorale.

La profession de foi électorale n’est pas une nouveauté. Elle existait déjà sous la Monarchie censitaire. Ce qui est inédit, c’est plutôt le nombre et la diversité de ces textes, qui reflètent l’entrée dans la carrière électorale d’une foule d’hommes nouveaux. A cette époque, entre la " candidature à la candidature " et le fait d’être retenu en fin de parcours sur une liste, la distinction n’est pas tranchée. En effet, il n’existe pas de dépôt officiel de candidature, l’électeur dispose d’une totale liberté de choix et, en l’absence de partis organisés, les listes de candidats représentatifs d’une opinion donnée, diffusées par la presse ou par des clubs, n’ont aucun caractère contraignant. La profession de foi marque donc l’entrée en campagne, quasiment définitive, d’un candidat. Les déclarations de candidature quarante-huitardes comprennent en général de une à quatre pages. Si l’on excepte celles des personnalités politiques déjà en place, les déclarations du printemps 1848, quand elles émanent de citoyens ordinaires, font en général une place essentielle aux qualités personnelles, à la biographie particulière du candidat, tandis que ses orientations politiques ne sont guère détaillées et que ses propositions à caractère régional ou local n’ont qu’une place tout à fait secondaire. Les professions de foi du printemps 1848 sont également très marquées par la rhétorique humanitaire, moralisante et sentimentale de cette époque. Celle de Louis Langomazino, sans s’écarter complètement de ce modèle, tranche un peu avec lui par la précision de son programme politique ainsi que par sa discrétion sur les antécédents, pourtant plus qu’honorables, du candidat. Elle traduit donc une certaine maturité politique dont la carrière du candidat permet peut-être de rendre compte.

La carrière de Louis Langomazino.

Si on veut caractériser rapidement Louis Langomazino en 1848 (voir la biographie du Maitron, pour l’ensemble de la vie), on retiendra quatre caractéristiques : sa jeunesse relative, son expérience professionnelle, sa pratique de l’action sociale, sa très vive curiosité intellectuelle.
Fils d’un marin génois, Louis Langomazino est né à Saint-Tropez en 1820. En 1828, la famille Langomazino s’est transportée à Toulon. Après avoir reçu une éducation de base qui apparaît solide (a-t-il poussé jusqu’au collège ?), l’adolescent est entré en 1836 à l’arsenal de Toulon où son père travaillait. Après une période d’apprentissage, il y devient forgeron. Le jeune homme acquiert une conscience sociale, adhère à la société ouvrière l’Union dont il sera bientôt le président local, reçoit Flora Tristan en juillet -août 1844. En 1845, il est un des principaux dirigeants de la grève de l’arsenal de Toulon.
Renvoyé à la suite de cette grève, il trouve à Marseille un emploi de mécanicien des machines à vapeur. Dans cette ville, alors en pleine expansion économique, Louis Langomazino participe aux activités de l’Athénée ouvrier, société d’éducation populaire qu’il préside à partir de 1847. Voici donc un jeune ouvrier qui a acquis, en grande partie par ses propres moyens, une culture assez étendue et jouit d’une expérience de l’action sociale. Il ne semble pas en revanche s’être mêlé aux initiatives des républicains. C’est la révolution de 1848 qui le propulse vers la politique. Les ouvriers du métal constituent à Marseille une compagnie de la Garde nationale dont Langomazino devient capitaine. Dès les élections d’avril, Langomazino se porte candidat à la Constituante avec la proclamation qu’ on vient de lire. Porté sur une des listes républicaines, il obtiendra 2 658 voix -pour la plupart dans les cantons de Marseille même- résultat bien insuffisant pour être élu.

Une profession de foi assez élaborée.

Très discrète sur les antécédents de son auteur, peut-être du fait d’une modestie toute républicaine, la profession de foi de Langomazino confirme ce que nous savons de lui, c’est un ouvrier autodidacte " porté à l’étude des questions sociales ", mais qui ne se rattache pas à une école socialiste précise. Quant à l’option républicaine, nettement affirmée dans la proclamation, elle apparaît liée non à un contenu politique (la république institutionnelle), mais à des aspirations sociales et morales, l’égalité et la fraternité. Le programme politique, assez développé, est relativement modéré. Le pacifisme est proclamé avec force, mais n’est pas incompatible avec le soutien à la libération des peuples opprimés. L’aspiration égalitaire, elle aussi très vivement dessinée, s’accompagne cependant de revendications assez modestes (égalité devant la justice et devant les emplois, éducation gratuite, générale et professionnelle -on notera l’accent mis sur l’orientation professionnelle - encouragements au développement de l’intelligence et aux efforts d’investigation scientifique). Langomazino, de confession catholique, prend très au sérieux les valeurs chrétiennes et développe donc les points concernant la religion. Ce qui est proposé ici, c’est une religion épurée des perversions dues à la prépondérance d’une Eglise particulière, à la richesse, à l’oisiveté ou la solitude (l’abolition des couvents - thème assez populaire dans les milieux ouvriers où les couvents sont considérés comme des concurrents- est réclamée).
Enfin la question sociale occupe naturellement dans la proclamation une place de premier plan puisque l’auteur se réclame de l’appartenance à " la classe ouvrière ". La solution proposée, dans l’esprit de l’époque, est, pour les travailleurs en activité , " l’organisation du travail ", mais celle-ci est définie de façon à la fois très large et très vague.
Quant à l’entretien des impotents et invalides, il relève de l’intervention de l’Etat.
" La plus grande de toutes les oeuvres sociales ", c’est néanmoins " l’affermissement de la République ". C’est en cela que Langomazino se révèle plus " républicain " que " socialiste ", ce que confirme d’ailleurs sa référence appuyée à la devise républicaine. Animé d’intentions humanitaires, l’auteur se prononce enfin pour l’abolition de la peine de mort, thème également d’actualité à l’époque.
Dans l’ensemble de sa proclamation, Langomazino accepte l’idée d’ un progrès général de la civilisation et de la perfectibilité humaine. Sa culture, même si elle est actualisée, est donc celle des Lumières.

Pour aller plus loin

- AGULHON Maurice, Une ville ouvrière au temps du socialisme utopique, Toulon de 1815 à 1851, Paris, Mouton, 1970, 368 p.
- AGULHON Maurice, 1848 ou l’apprentissage de la République,1848-1852, Paris, 1992, 289 p.
- APRILE Sylvie, HUARD Raymond, LEVEQUE Pierre, MOLLIER Jean-Yves, La Révolution de 1848 en France et en Europe, Paris, Editions sociales, 1998, 255 p.
- BOUTIN Charles, Les Murailles politiques révolutionnaires de 1848, Paris, 1848,t I et II. DELOYE Yves, Se présenter pour se représenter. Enquête sur les professions de foi électorales de 1848, p. 231 -254, dans OFFERLE Michel (dir.), La profession politique XIXème-XXème siècle, Paris, Belin, 1999.
- DOMENICHINO Jean, " Les ouvriers marseillais et les années 1840 ", Les Amis du vieil Istres, n° 21, 1999, p. 63-69.
- LECOEUR Dominique, " Du socialisme ouvrier à la République des paysans, l’itinéraire de Louis Langomazino " p. 82-90, dans Provence 1851.Une insurrection pour la République Association 1851-2001, Les Mées, 2000.
- HUARD Raymond, Le Suffrage universel en France 1848-1946, Aubier, 1990, 493 p.