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Accueil du site > Au fil du Maitron > Tome 6 (Gh-Je) > HUCHOT Nicole, Alice, Lucienne [épouse DUMONT]

HUCHOT Nicole, Alice, Lucienne [épouse DUMONT]

Née le 26 février 1937 à Longeville-lès-Metz (Moselle), morte le 18 décembre 1990 à Douvaine (Haute-Savoie) ; aide comptable ; secrétaire de la section départementale CFDT des fonctionnaires de la Défense nationale, membre du conseil de la fédération CFDT de la Défense nationale, du bureau de l’Union départementale CFDT de Moselle et de la commission confédérale féminine.

Munie d’un CAP d’aide comptable, Nicole Huchot fut embauchée comme fonctionnaire à la Défense nationale en 1959. Elle adhéra aussitôt à la CFTC, suivant en cela l’exemple de son père, et fut rapidement chargée du collectage des cotisations. En 1964, elle quitta son emploi pour entreprendre des études d’éducatrice, mais dut les abandonner pour raisons de santé et reprendre son travail, comme agent administratif, à la direction de l’intendance de la 6e Région militaire à Metz.

La scission CFDT-CFTC, consécutive au congrès extraordinaire, avait alors divisé les adhérents du syndicat. Sur le plan local, les plus nombreux avaient rejoint la CFTC « maintenue » et un petit nombre avait suivi l’évolution et les décisions du congrès. Nicole Huchot devint alors secrétaire de la section CFDT de la Défense nationale de Moselle, déléguée régionale de la 6e Région militaire et membre de la commission administrative de la fédération de la Défense nationale. Ces différentes fonctions lui valurent un détachement à mi-temps.

Candidate titulaire pour un premier mandat national à la Fédération des syndicats des personnels civils de la Défense nationale au congrès des 30 mars-3 avril 1965, elle fut élue avec Gaston Thomas, également de Metz, celui-ci étant son suppléant. Lors de ce congrès, le nom de la Fédération se transforma, avec de nouveaux statuts, en Fédération des établissements et arsenaux de l’État (FEAE). Elle se représenta au congrès suivant des 24-29 avril 1967 et fut réélue. Son suppléant était cette fois Claude Mélard, du même syndicat.

Nicole Huchot s’engagea également dans les structures interprofessionnelles de la CFDT. Elle fut élue au conseil et au bureau de l’Union départementale de Moselle, participa à la commission régionale de formation et fut désignée par sa fédération pour siéger à la commission confédérale féminine. Le soutien de ces structures lui permit de reconstruire une organisation représentative.

En janvier 1967, Nicole Huchot, ayant réussi un concours, put prétendre à une promotion professionnelle mais dut pour cela abandonner son mi-temps syndical. Au cours de l’année 1968, sa promotion étant acquise et les droits syndicaux ayant été renforcés, elle fut détachée à temps plein. Elle accepta alors la charge supplémentaire de la trésorerie de l’Union départementale interprofessionnelle.

Tout en assumant ces diverses responsabilités, Nicole Huchot tenta de se battre pour une meilleure prise en compte des femmes dans l’organisation, ce qui ne fut pas toujours très bien admis. Cette incompréhension culmina lors de la grève des 160 jeunes femmes des Nouvelles Galeries de Thionville en 1972. L’arrêt de travail dura soixante-neuf jours, la reprise eut lieu le 26 juin 1972. Les stratégies d’actions ayant fait l’objet d’analyses différentes, deux comités de soutien s’étaient créés : l’un était composé de la Ligue communiste et du Mouvement de libération des femmes (MLF), l’autre comprenait les Unions départementales CFDT, CGT, FEN, les fédérations APF, PS, PCF, etc. Les dirigeants de la fédération HACUITEX CFDT, à cette époque, étaient proches du MLF, avec d’autres pratiques que celles des syndicats et des unions départementales de la Moselle.

Nicole Huchot, qui avait apporté son soutien au premier comité comme permanente départementale, se trouva en contradiction avec les unions départementales et la Région CFDT. Au congrès régional interprofessionnel suivant, elle ne fut pas réélue au conseil régional. Elle en tira les conséquences et ne se représenta pas à l’élection de la commission confédérale féminine que présidait Jeannette Laot*. Elle garda ses mandats professionnels au syndicat et à la fédération pendant deux années encore. Elle réintégra ensuite la Défense nationale et abandonna ses fonctions syndicales.

Sur le plan politique, Nicole Huchot avait milité au PSU.

Elle s’était mariée à Douvaine, le 24 novembre 1990, avec Charles Dumont.

SOURCES : Arch. fédérales et confédérales, 1960-1980. — Renseignements fournis par l’intéressée. — Notes de Jean Limonet. — État civil de Longeville-lès-Metz.

André Caudron, Jean-Marie Conraud