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Appel à contribution : Les bourses du travail

La rédaction des Cahiers d’histoire. Revue d’histoire critique consacrera un dossier à la question des bourses du travail dans son numéro à paraître au second semestre de l’année 2010.

Les bourses du travail : retour sur un objet méconnu

Ces organismes au croisement du syndicalisme de lutte et du syndicalisme de service, forme de syndicalisme à « base multiple », comme le qualifiait Michel Dreyfus dans son ouvrage sur l’Histoire de la CGT [1] , ont joué un rôle prépondérant et certainement sous-estimé dans la France de la Belle Epoque. Il convient aujourd’hui de réparer cet oubli de la recherche historique en essayant d’écrire une histoire de ces œuvres ouvrières leur restituant toute leur place. Le travail souhaite, en re-légitimant cet objet, apporter une contribution scientifique à la connaissance des Bourses du Travail et aborder plus largement leur impact sur le monde salarial du tournant des XIXème et XXème siècle.

Curieusement, les appels de Peter Schottler au début des années 80, au-delà de la polémique que son livre a pu susciter sur la nature de ces œuvres sociales, n’ont pas vraiment été entendus des historiens. Il alertait pourtant sur les nombreuses zones d’ombre que son travail laissait : nécessité d’analyser la vie de la fédération des Bourses du Travail, de renouveler la connaissance par la micro histoire ou les recherches régionales.

Depuis les années soixante, les enquêtes localisées portant sur le mouvement ouvrier, sa structuration et son développement ont intégré dans leur champ d’analyse les Bourses, permettant de découvrir certaines spécificités, leur interaction avec l’environnement social local. Il est même vraisemblable que la plupart d’entre elles ont été observées, y compris modestement, à travers ces monographies locales. Pourtant aucune synthèse n’a été entreprise.

Il s’agit donc par ce dossier des Cahiers d’histoire. Revue d’histoire critique de contribuer à cette synthèse en l’élargissant à des thématiques connexes telles que le syndicalisme révolutionnaire, la notion d’indépendance, l’histoire de la formation des adultes, champ de recherche devenu légitime depuis le milieu des années 1970 [2], notamment des études autour de la loi de 1971 sur la formation professionnelle, mais aussi ses développements dès le début du XXème siècle [3].

Axes privilégiés d’interventions
- Les bourses du travail dans leur dimension locale.
Favoriser les approches comparatistes.

- Les bourses du travail et leurs réalisations sociales.
Fonctions éducatives, professionnelles ou de placements, mise en place des services juridiques ou médicaux, de sections des pupilles, étude des publics concernés.

- La prise en charge des activités des bourses du travail par les pouvoirs publics.
Vidées progressivement de leur substance, les Bourses ont été partiellement prises en charge par d’autres organismes. Le dossier souhaite permettre de comprendre ces évolutions.

- Les bourses du travail et les enjeux idéologiques.
Elles sont également sources de conflits entre courants du mouvement ouvrier. Des modèles concurrents aux bourses classiques ont été mis en place, telles les bourses chrétiennes du travail ou les bourses du travail indépendantes impulsées par les syndicats « jaunes ».

- Les bourses du travail et leurs animateurs.
Des outils tels que le « Maitron » aident à connaître les hommes et femmes qui ont animé ces institutions. Mais se sont-ils cantonnés à œuvrer au sein des bourses, ont-ils doublé leur engagement d’un militantisme au sein de partis politiques, de coopératives ou de mutuelles ? Peut-on faire carrière par son investissement dans ces structures ? Est-il possible aujourd’hui d’avancer dans la réalisation d’une sociologie historique de ces militants ?

- Les expériences au niveau international.
Création, cheminement et rayonnement des expériences d’organismes comparables, directement inspirés ou non par l’exemple français, à l’étranger : chambres du travail en Italie, athénées libertaires en Espagne, absence de structure de ce type en Belgique, etc.

- La production scientifique sur les bourses du travail.
Est-il possible d’établir une historiographie de ce sujet ? Comment expliquer, notamment, le relatif désintérêt dont les bourses du travail ont été l’objet en France alors que de nombreuses publications étrangères, anglo-saxonnes surtout, ont valorisé ces institutions ?

Date limite de soumission des propositions d’articles : 30 novembre 2009
Date de limite de réception des articles rédigés : 30 juin 2010

Les propositions d’article doivent être présentées sous forme de document Word d’une à deux pages (environ 2000 à 4000 caractères). _ Elles devront mentionner les nom et prénom de l’auteur, sa discipline d’origine, son statut, son rattachement institutionnel, ses adresses électronique et postale .

Les articles seront à envoyer en word et ne devront pas excéder 40000 caractères. Voir les préconisations dans chaque numéro de la revue.

Les propositions de communication seront adressées par mail à David Hamelin, rédaction des Cahiers d’histoire. Revue d’histoire critique.
Pour les envois postaux :
Cahiers d’histoire. Revue d’histoire critique
6 avenue Mathurin Moreau
75167 Paris Cedex 19

Post-scriptum : Source : « Les bourses du travail : retour sur un objet méconnu », Appel à contribution, Calenda, publié le mercredi 17 juin 2009.


[1] Michel Dreyfus, Histoire de la C.G.T., Bruxelles, Complexe, 1995, 407 p.
Voir aussi « Les bases multiples du syndicalisme au XIXe siècle en Allemagne, France et Grande-Bretagne » en collaboration avec S. Kott, M. Pigenet et N. Whiteside, dans L’invention des syndicalismes. Le syndicalisme en Europe occidentale à la fin du XIXe siècle, sous la dir. de J.L. Robert, F. Boll, A. Prost, Paris, Publications de la Sorbonne, 1997, p. 269-284.

[2] Le Groupe d’étude - Histoire de la formation des adultes (GEHFA) regroupe les principaux chercheurs sur le sujet. Cette association présente ses activités et une recension bibliographique fort utile relative à la formation des adultes sur son site Internet : http://gehfa.com/.

[3] Nous renvoyons ici aux travaux pionniers de Noël Terrot ou Françoise Laot sur l’histoire de la formation des adultes.