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Compte rendu de l’ouvrage L’ordre moins le pouvoir. Histoire et actualité de l’Anarchisme

de Normand Baillargeon

Agone, 2008, 220 p., 10 €.


L’ouvrage de Normand Baillargeon publié pour la première fois, il y a une dizaine d’année au Québec connaît sa quatrième édition en France dans un format de poche. Son succès témoigne du maintien de l’intérêt pour la pensée libertaire. Il s’inscrit à la suite des précédents essais de synthèse écrits par des libertaires à destination des sympathisants : L’Anarchisme de Daniel Guérin, L’Increvable anarchisme de Luis Mercier-Véga ou L’Anarchisme en Europe de Gaetano Manfredonia.

L’objectif de l’ouvrage est de rendre accessible la pensée anarchiste, de désigner quelques grands noms de l’anarchisme et de souligner leur postérité à travers leur descendance intellectuelle et politique : Stirner, Proudhon, Bakounine et Kropotkine. L’auteur rappelle également les grandes dates de l’anarchisme : la Commune de Paris, les insurgés ukrainiens et les marins de Kronstadt en lutte contre le pouvoir total des bolcheviks, la guerre d’Espagne où les anarchistes disparurent sous les coups des franquistes et des staliniens. Laissés pour mort à Barcelone entre 1937 et 1939, les libertaires réapparaissent trente ans plus tard chez les étudiants révoltés de Mai 1968. Enfin, l’auteur présente les principaux aspects de la pensée anarchiste : syndicalisme, féminisme, éducation, etc.

Si l’ouvrage est d’une lecture agréable, il existe néanmoins des fautes historiques dans la généalogie du drapeau noir à l’image de l’oubli du drapeau des canuts. De même, certains choix peuvent être contestés, comme la distinction entre un anarchisme « individualiste » et un anarchisme « social ». Le livre est utilement complété d’une importante bibliographie – même si le Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français a été oublié – et d’une liste des adresses des principales organisations se réclamant de l’anarchisme ainsi que de leur site Internet.

S’il peut être discuté sur son parti pris militant, sur sa révérence et son idéalisation de Noam Chomsky – ni dieu, ni maître, ni Chomsky serait-on tenter d’écrire – ce livre constitue cependant une première approche de l’anarchisme, de ses théoriciens, dont la citation attribuée à une ancienne combattante de la guerre civile espagnole résume merveilleusement l’état d’esprit du peuple du drapeau noir « je suis anarchiste : c’est que je n’aime ni recevoir ni donner des ordres ».

Sylvain Boulouque