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Centre d'histoire sociale, Paris 1     Editions de l'Atelier


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PRIN Daniel

Né 28 mai 1948 à Bouguenais (Loire-Inférieure), mort 14 octobre 2008 à Rezé (Loire-Atlantique) ; électromécanicien, cadre, agent de maîtrise puis directeur général des Éditions ouvrières-Éditions de l’Atelier (1989-1999) ; dirigeant fédéral de la JOC de Loire-Atlantique (1962-1969) ; permanent national de la JOC (1969-1974) et vice président de la JOC ; militant de l’ACO ; militant de la CFDT ; secrétaire de la section PS de Rezé (1979-1987) ; conseiller municipal (1977-1983), 1er adjoint (1983-1989), puis conseiller municipal (1995-2001) PS de Rezé ; conseiller général PS de Rezé-Bouaye (1982-1994) ; conseiller municipal de Les Sorinières (1989-1995).

Daniel Prin

Militant CGT, son père travaillait aux chantiers à Indret puis à l’aérospatiale. Il votait communiste avant d’être séduit par le vote gaulliste à partir de 1958, puis socialiste sous l’influence de Daniel Prin. Employée de maison, sa mère Marguerite Damien, catholique pratiquante, votait MRP puis PSU.
Passé par les écoles privées puis publiques à Bouguenais, Daniel Prin obtint un CAP d’électromécanicien en 1966. Syndiqué CFDT dès ses dix-huit ans, il n’eut des responsabilités syndicales qu’après 1977. Professionnellement, il quitta rapidement son poste d’électromécanicien pour devenir cadre dans une entreprise de déplacements puis agent de maîtrise à la biscuiterie nantaise entre 1976 et 1986.
Formé par la JOC, il eut des responsabilités fédérales durant les années 60, notamment dans le domaine de la formation des adolescents dès 1962. En septembre 1969, il devint même permanent national de la JOC, restant en place jusqu’en août 1974. Au début des années 70, il était vice-président national de la JOC. Parmi les militants bretons, il fréquentait notamment Gérard Cabon (adjoint PS à Brest) et André Hili (premier adjoint PS de Guilers), Yvon Jacopin, trésorier d’Objectif 74.
En relation avec le réseau PSU, notamment pour la campagne législative de Serge Mallet* à Rezé en 1968, il adhéra pour la première fois à un parti politique en entrant au PS en 1974, plusieurs mois avant les Assises du Socialisme.
En 1977, il fut élu conseiller municipal dans l’équipe Alexandre Plancher*, incarnant le renouvellement générationnel des nouveaux réseaux PS issus du vivier syndical et des matrices chrétiennes de gauche. Il était alors très proche de Jacques Floch*, maire et conseiller général, suppléant de François Autain, depuis 1978 (décès brutal de Plancher).
En 1979, Daniel Prin succéda même à Yvon Routier, élément important du réseau André Routier-Preuvost*, comme secrétaire de la section socialiste de Rezé. Jusqu’au début des années 80, la section connut une entrée forte mais temporaire de militants syndicaux, à l’instar de Serge Perrin (CFDT métallurgie) ou Jean Relet (dirigeant CFDT Dubigeon).
Lors du renouvellement cantonal de 1982, Jacques Floch décida d’abandonner son mandat de conseiller général. Désigné en interne par la section, Daniel Prin abandonna ses mandats syndicaux à la CFDT et fut élu conseiller général PS de Rezé-Bouaye en 1982. Il était de sensibilité rocardienne.
En 1983, il devint le premier adjoint de Jacques Floch, député. Licencié de la biscuiterie nantaise en 1988, il renonça à son poste de premier adjoint pour ne pas vivre de ses indemnités politiques, choisissant plutôt de mener la liste PS aux Sorinières, échouant pour 72 voix (la commune bascula pour le PS en 2001).
Restant de culture chrétienne, ses engagements militants coïncidèrent avec le décrochage de sa pratique religieuse. Il était très engagé dans les réseaux ACO, tout comme son collègue conseiller général de Saint-Sébastien-sur-Loire (1982-1988), Georges Lusteau*.
En 1993, il fut devancé par l’avocat militant Dominique Raimbourg (fils de Bourvil qui devint député de Rezé en 2007) pour être suppléant de Jacques Floc’h. De même, quoique pressenti, il ne figurait finalement pas parmi les places éligibles sur la liste socialiste des régionales en 2004. Membre du conseil de production, il succéda, en 1989, à André Jondeau* comme PDG des Éditions Ouvrières, qu’il transforma en Éditions de l’Atelier en 1993. Tout en travaillant à Paris, il continua à vivre à Rezé, même si son engagement local était moins fort. Les Éditions ouvrières issues de la JOC avait eu à leur tête André Villette*, Roger Cartayrade*, Daniel Angleraud*. Daniel Prin contribua à la publication des volumes du Maitron dont la fin de la période 1914-1939 fut fêtée en 1993, et notamment à son passage sur cédérom en 1997. Il avait hérité d’une maison en crise financière grave, et avait contribué à son adaptation aux nouvelles conditions de l’édition. Il quitta la direction en 1999 ; Bernard Stéphan lui succéda.
Travailleur pugnace, attentionné, chaleureux, jovial, il avait quelques sautes d’humeur avec des « coups de gueule légendaires qui étaient à la hauteur de ses convictions.

Chef de service de la coopération décentralisée à Nantes Métropole, Daniel Prin eut un très fort engagement personnel pour la solidarité internationale, notamment au service du développement de la Guinée et du Cameroun.
Sa femme Monique Bonnel, soutien fort de son engagement, était une militante JOCF du bassin minier lillois. Également engagée dans les réseaux ACO-CFDT-PS, cette laborantine devint employée municipale à Rezé.
Cette ville fut un vrai laboratoire de la gauche dans l’Ouest depuis 1959, l’équipe Plancher ayant impulsé une pratique d’intégration à la fois des réseaux chrétiens militants (notamment André Coutant*) et des milieux communistes, autour du pivot socialiste en phase avec les nouvelles classes moyennes salariées. Daniel Prin était une figure majeure de ce renouveau du socialisme nantais.
Ses obsèques eurent lieu le samedi 18 octobre 2008 à l’église Saint-Pierre, de Rezé.

SOURCES : Archives Fédérales du PS de Loire-Atlantique. — Archives du CHT de Nantes. — Mairie de Rezé. — Entretiens avec Daniel Prin, Jacques Floc’h. — Dominique Raimbourg et Georges Lusteau. — Jean Guiffan, « De la SFIO au PS en Loire-Atlantique : les conditions d’un basculement (1958-2005) », in Christian Bougeard (dir), Un siècle de socialismes en Bretagne, de la SFIO au PS (1905-2005), PUR, 2007. — Notes de Claude Pennetier.

François Prigent