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Centre d'histoire sociale, Paris 1     Editions de l'Atelier


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Accueil du site > Au fil du Maitron > Tome 3 (Ca-Cor) > CARO Lucien.

CARO Lucien.

Né le 15 mars 1910 à Chavigny (Meurthe-et-Moselle), mort le 11 avril 1996 à Nancy (Meurthe-et-Moselle) ; mineur de fer ; résistant ; militant de la CGT ; responsable du syndicat régional des ETAM ; militant communiste ; maire de Piennes (Meurthe-et-Moselle) de 1959 à 1977 ; conseiller général de 1961 à 1973.

Lucien Caro naquit dans une famille de sept enfants : son père Eugène était originaire du bassin sidérurgique et des mines de fer du sud de Nancy (Meurthe-et-Moselle) et sa mère Marie, née Petitgirard, était d’origine Comtoise (Ronchamp). Son père travailla à la mine de Marbache puis à la mine de fer de La Mourière dans le bassin de Briey (Meurthe-et-Moselle). Mineur lui aussi, Lucien Caro fut embauché à la mine locale en qualité d’aide géomètre. Au cours de sa carrière professionnelle, il se trouva promu agent de maîtrise (porion du fond). Syndiqué à la CGT, il participa aux grandes grèves des mineurs et des sidérurgistes de 1947- 1948, et devint, dans les années 1950, un des dirigeants du syndicat régional ETAM-CGT des mines de fer et sel de Lorraine. Il fut codirecteur, à sa naissance, du bimensuel Le Sous Sol Lorrain, journal de la Fédération Régionale qui regroupait tous les syndicats du Fer et du Sel de l’Est. Lucien Caro fut le premier président du conseil d’administration de la caisse de secours de la région de Piennes (Meurthe-et-Moselle) et participa à la mise en place du régime minier de sécurité sociale en 1947. En 1950, à l’occasion d’une grève et de sa participation au piquet, la direction le menaça de licenciement. Subissant un déclassement immédiat, muté au chargement à main des berlines comme manœuvre, il fut condamné par les tribunaux à 3 000 francs d’amende. La réaction des mineurs obligea le patronat à annuler le licenciement et la plupart des sanctions. Employé alors aux travaux subalternes, il ne renonça cependant pas à ses responsabilités syndicales. Durant la guerre, la famille Caro intégra la filière des passeurs de prisonniers soviétiques (1944). Prévenu de son arrestation imminente, il rejoignit le maquis dans les Vosges au Thillot. Adhérent du Parti communiste en 1949, il conduisit avec succès une liste municipale d’union ouvrière présentée par son parti en 1959 à Piennes. Il fut élu maire avec à ses côtés Jean Stella (SFIO), et le restera pendant dix-huit ans. En 1961, il fut le premier élu communiste au conseil général de Meurthe-et-Moselle, et fut réélu en 1967. Homme d’une grande disponibilité, il s’est efforcé en priorité d’être au service de ses concitoyens et des luttes ouvrières.

Lucien Caro avait épousé Julienne, née Guedenet, et de leur union naquirent six enfants.

SOURCES : témoignage des enfants Caro et notamment de Raymonde. — Républicain Lorrain édition de Briey, locale de Piennes de 1977, 1983 et 1988. — Le Sous-sol Lorrain, février 1993 et mai 1996.

ICONOGRAPHIE : Portrait lors de vacances au centre se la Sécurité Sociale Minière « Latournerie » à Menton en 1980.

Jean Corradi et Jean-François Lassagne