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Centre d'histoire sociale, Paris 1     Editions de l'Atelier


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Accueil du site > Au fil du Maitron > Tome 3 (Ca-Cor) > CARO Julienne [née GUEDENET Julienne].

CARO Julienne [née GUEDENET Julienne].

Née le 19 avril 1912, morte le 21 janvier 1993 au CHU de Nancy ; responsable de l’Union des femmes françaises (UFF) ; administrateur provisoire de la commune de Piennes (Meurthe-et-Moselle) à la Libération ; responsable de l’organisation régionale des femmes de mineurs à la Fédération régionale de la CGT des Mineurs de Fer et Sel de Lorraine.

Née dans une famille de quatre enfants, son père Edmond était originaire de Franche-Comté ; habitant à Rougemont (Jura), il y exerça la profession de chef électricien à l’entreprise « Énergie-Éclairage » ; lorsque la famille s’installa à Piennes (Meurthe-et-Moselle) en pleine période d’expansion des mines de fer, il y fut embauché, en qualité de chef électricien à la mine du Nord Est Lorraine Escaut ; sa mère Raymonde, née Claiche, est originaire de Conflans Jarny (Meurthe-et-Moselle) où son père, militant au parti radical socialiste, fut conseiller municipal. Elle épousa Lucien Caro et de leur union naissent six enfants. Aux côtés de son mari, elle fut très active dans la filière des passeurs de prisonniers soviétiques durant l’occupation. Elle vécut intensément l’épisode du soldat blessé, hébergé chez eux puis transporté clandestinement de nuit à la Clinique des Mines à Briey (Meurthe-et-Moselle) où il fut opéré par le docteur Vautrin. Elle devint administrateur provisoire de la commune de Piennes à la Libération et le resta durant deux ans. Lors des grèves de 1948, Julienne Caro participa à l’organisation de la soupe populaire ouverte aux enfants de grévistes, au Café de La Mourière. Elle fut à l’origine de la mise en place de l’Union des femmes françaises. Malgré les restrictions, les militants syndicaux et politiques trouvaient toujours une place à table lors de leurs passages. Après la guerre, son action au sein du Mouvement de la Paix et contre la vie chère fut ses principales activités En 1960, la responsabilité de l’organisation régionale des femmes de mineurs lui fut confiée par la Fédération régionale de la CGT des Mineurs de Fer et Sel de Lorraine Elle permit ainsi un soutien déterminant dans les grandes luttes de la corporation minière et le développement d’une structure spécifique aux côtés des mineurs. De nombreuses actions de femmes furent dès lors engagées : manifestations régionales, à Paris, dans les préfectures et sous-préfectures, sur les marchés et dans les quartiers… Femme d’union, elle favorisa le rassemblement de toutes les énergies et l’extension des comités de femmes de mineurs dans chaque localité. Malgré la fermeture des mines en 1995, ces comités de femmes continuent et jouent un rôle important dans l’activité syndicale et dans les luttes. Avec Lucien, son époux, ce fut un couple engagé dans la vie sociale, respecté, exemplaire, au service de la population et toujours resté fidèle à leur idéal révolutionnaire. SOURCES : témoignage des enfants Caro et notamment de Raymonde. — Républicain Lorrain édition de Briey, locale de Piennes de 1977, 1983 et 1988. — Le Sous-sol Lorrain, février 1993 et mai 1996.

ICONOGRAPHIE : Portrait lors de vacances au centre de la Sécurité Sociale Minière « Latournerie » à Menton en 1980.

Jean Corradi, Jean François Lassagne.