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Centre d'histoire sociale, Paris 1     Editions de l'Atelier


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Accueil du site > Au fil du Maitron > Tome 3 (Ca-Cor) > CAPOCCIA Roger.

CAPOCCIA Roger.

Né le 21 mars 1938 à Joudreville (Meurthe-et-Moselle) ; mineur de fer, ajusteur puis électromécanicien à la mine de Piennes Nord (Meurthe-et-Moselle) ; militant de la CGT ; président de la Société de Secours Minière (SSM) de 1975 à 1985 ; président du regroupement des SSM de Hayange (Moselle) ; membre de l’Union Régionale des SSM de la région Est ; secrétaire du CE puis du CCE d’Usinor ; représentant du personnel au CA d’Usinor ; conseiller municipal de Piennes.

Roger Capoccia est issu d’une famille de sept enfants originaire de Montecchio (Ombrie, Italie), son père Quintillo avait trois frères et trois sœurs. Accordéoniste de talent, il assurait un petit plus aux repas familiaux à l’occasion de mariages et de bals. Prévenu par un voisin la veille de son arrestation par la milice fasciste, il quitta sa famille en 1926 pour aller travailler en France, dans les mines de fer de Lorraine, et se retrouva à l’exploitation du Nord Est à Piennes (Meurthe et Moselle) où il fit toute sa carrière.

Aspirant à une gauche originale et authentique, il fut de toutes les grèves et manifestations, et, malgré de multiples démarches, il n’obtint jamais la nationalité française. Sa conduite d’homme et sa participation active dans le mouvement syndical firent de Quintillo Capoccia une personnalité appréciée. Née le 22 juillet 1916 à Tucquenieux (Meurthe-et-Moselle), la mère de Roger, née Marie Madeleine Agostini, était encore enfant lorsque son père fut victime d’un accident mortel au fond de la mine. Après un retour en Italie, elle revint en France en 1928 à l’âge de douze ans avec sa mère qui, infirmière en Italie, exerça alors dans un hôpital de Villeneuve sur Lot. Du mariage de Quintillo et de Marie Madeleine en 1931 à Joudreville (Meurthe-et-Moselle), naquirent deux enfants, Robert en 1933 et Roger en 1938.

Après l’école communale puis le cours élémentaire, Roger entra au centre d’apprentissage local, puis au centre de formation des Mines de potasse d’Alsace (MPDA), où il obtint les CAP d’ajusteur et d’électromécanicien en 1958. À son retour du service militaire de vingt-sept mois qu’il termina à Marnia en Algérie, il réintégra la mine et participa au conseil syndical de la CGT, où il devint militant. Remarqué par Jean Stella*, l’un des dirigeants de la Fédération Régionale des Syndicats CGT du Fer et Sel de Lorraine et président de la Société de Secours Minière (SSM), ce dernier le présenta à la fonction d’administrateur au sein de cet organisme. Ce fut le début d’un engagement peu commun en matière syndicale et sociale.

Élu administrateur de la SSM en 1964, il en devint vice président en 1965 puis président de 1975 à 1985. Il fut élu président des sept SSM regroupées en une seule structure dont le siège fut fixé à Hayange (Moselle). C’est en 1963 qu’il fut élu à l’Union Régionale des SSM de la région Est, mandat qu’il exerça durant plus de 30 ans. À ce titre il siégea dans de nombreuses instances régionales et nationales, et participa à des congrès à l’étranger. Il s’intéressait particulièrement aux accidents du travail et aux maladies professionnelles (AT-MP), parmi lesquelles le cancer du poumon chez les mineurs de fer, avec l’appui du médecin-conseil local le Dr Schwartz, et en s’inspirant, entre autres, des travaux du professeur Anthoine, des personnels administratifs et des cadres du régime minier. À cet effet il participait régulièrement à la commission nationale des MP où siégeait également le CNPF. Cette activité l’amenait à côtoyer des scientifiques lors de ces réunions, et notamment Henri Pezerat chercheur à l’INRS. Le cancer du poumon fut inscrit au tableau des maladies professionnelles, résultat d’un travail opiniâtre, de rencontres, de rassemblements, de discussions, de négociations dans le cadre d’une démocratie participative de tous les acteurs et avec le soutien de la Fédération régionale de la CGT.

Secrétaire du comité d’entreprise, du comité central d’entreprise, représentant du personnel au conseil d’administration d’Usinor, son activité débordante, qui s’ajoutait à la fonction de conseiller municipal de Piennes, lui valut quelques soucis dans sa vie professionnelle à la mine. Élu en 1964 sur la liste du Parti communiste en qualité de républicain progressiste, il exerça deux mandats jusqu’en 1976.

Marié à Micheline Lemonier en 1980, il se retira à Grasse en 2005, et continua d’apporter sa contribution auprès des administrateurs et des personnels confrontés aux conséquences du démantèlement du régime spécial de sécurité sociale minière, ainsi qu’à la Fédération Régionale des Mineurs de fer et Sel de Lorraine. SOURCES : Entretiens avec Roger Capoccia (2007).

Jean Corradi, Jean-François Lassagne.