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Centre d'histoire sociale, Paris 1     Editions de l'Atelier


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Accueil du site > Au fil du Maitron > Tome 3 (Ca-Cor) > CHECCO Roger.

CHECCO Roger.

Né le 28 juillet 1928 à Tunis (Tunisie) ; ouvrier tourneur de l’Arsenal de Lorient ; rapatrié d’Afrique du Nord ; candidat SFIO aux cantonales de La Gacilly (1964) et La Roche-Bernard (1967) ; conseiller municipal SFIO de Lorient (1965-1971) ; militant FO ; secrétaire de l’UL-FO de Lorient (1967-1980) ; adhérent du PS de Lorient.

Spécialisé dans les routes bâtiments, ponts et digues, son père était chef aux travaux maritimes (Défense Nationale). Engagé politiquement à la SFIO, Emmanuel Checco emmenait son fils aux différentes fêtes et meetings, notamment lors de la venue de figures socialistes nationales dans le port militaire de Bizerte en 1936. Passé par les écoles laïques jusqu’à l’âge de 14 ans, Roger Checco dut fuir Bizerte avec ses parents en raison des bombardements italiens. Apprenti de 15 à 18 ans, il bénéficia de l’influence de son père pour entrer aux travaux maritimes, avant d’être muté à l’Arsenal de Ferry-ville. Ouvrier tourneur, il adhéra à FO dès la fin des années 40. Entraîneur des juniors et joueur dans le club de basket de la Défense Nationale, il était aussi président du comité des fêtes de Bizerte. Anticommuniste virulent, Roger Checco était très actif dans les réseaux FO, face à une CGT en perte de vitesse au sein de l’Arsenal, en raison de ses prises de position soutenant les indépendantistes tunisiens, n’hésitant pas à recourir aux attentats violents. Rapatrié d’Afrique du Nord dans ce contexte tendu en compagnie de 120 ouvriers, Roger Checco arriva en avril 1959 dans la région lorientaise, habitant à Port-Louis dans des logements appartenant à la DCN. Dès 1960, il fut parrainé pour entrer à la SFIO par Jean Laurent* (adjoint socialiste de Joseph Kerbellec* à Quéven et père de Jean-Yves Laurent conseiller général 1988-1994 et maire PS de Quéven 1980-2008) qui travaillait dans le même atelier que lui. Très impliqué dans les réseaux des rapatriés, il écrivit notamment plusieurs articles à ce sujet dans Le Rappel du Morbihan. Suppléant de Louis Le Maître, officier de la marine marchande et aviculteur de Sarzeau, il fut candidat aux législatives de 1962 à Vannes, signe de la faiblesse de l’implantation SFIO dans la préfecture du Morbihan. Avec 8.7 % des suffrages (soit 3 956 voix), la SFIO devançait cependant le candidat communiste. Syndicaliste FO, figurant systématiquement dans les listes de souscription SFIO, il figurait parmi les parachutés lorientais candidats aux cantonales de 1964, obtenant 27 voix sur 4728 suffrages exprimés (moins de 1 %) dans le canton très conservateur de La Gacilly. En effet, le secrétaire fédéral Yves Guélard* avait initié une stratégie de candidatures systématiques, mettant en avant une génération de militants de moins de 35-45 ans, afin de compter les voix socialistes dans le département. Devant l’insistance de Yves Allainmat* qui cherchait à reprendre la mairie de Lorient, perdue en 1959, il accepta de figurer en 32e position sur la liste SFIO. Élu conseiller municipal en 1965, son étiquette de « rapatrié » avait contribué à capter une partie des voix des 650 familles de pieds noirs vivant alors à Lorient. Sur la liste SFIO, on retrouvait plusieurs autres responsables FO à l’instar de Léon Audran*, François Cridou*, Léon Le Gal*, Robert Révolt*, Léopold Danic* ou Marcel Collobert*. Roger Checco fut à nouveau candidat pour la SFIO aux cantonales à La Roche-Bernard en 1967. Membre des cercles dirigeants de FO dans les années 60, au sein du noyau ouvrier de l’Arsenal de Lorient, ce militant laïque remplaça Robert Pichodo* (qui était épaulé par Alexis Jaffrézic*) comme secrétaire de l’UL FO en 1967. Roger Checco était en relation avec le trio des responsables de l’UD FO, à savoir Louis Guillo* de Lanester, Henri Le Clec’h* de Vannes et Armand Henry* de Lanester, fondateurs historiques de FO dont les noms ont été donnés aux locaux actuels du syndicat FO. Leader FO à Lorient lors des événements de mai 1968, Roger Checco décida d’abandonner son mandat municipal en 1971, pour se consacrer à ses responsabilités syndicales. Détaché à plein temps pour FO, il mena une action forte pour développer l’implantation de réseaux syndicaux dans les différentes branches professionnelles du département. Ce fut notamment le cas au port de pêche avec l’aide de Marcel Collobert auprès des manutentionnaires et des trieuses, les dockers restant majoritairement acquis à la CGT. Membre du GSE de l’Arsenal, il faisait partie des militants syndicaux (comme Lucien Bonabesse pour la CFDT) poursuivis en justice lors du conflit social très politisé de 1979 à Lorient. Toujours adhérent PS au début des années 90, il occupait jusqu’en 2008 des responsabilités au sein des différentes émanations départementales du réseau FO retraités qu’il a créées.

SOURCES : Archives de l’OURS, dossiers Morbihan . — Archives fédérales du PS du Morbihan ; Archives Syndicales de FO du Morbihan. — Archives Privées Émile Le Gargasson. — Le Rappel du Morbihan (1962-1994). — Entretiens avec Roger Checco, Marcel Collobert et Émile Le Gargasson.

François Prigent